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Cesarine

LumiĂšre. Elle dit qu’ici il s’appelle Soleil. C’est un bon nom, il chante Ă  ses oreilles.
Les ternes font avancer l’esquif qu’elle qualifie de « coque de noix » sur une Ă©tendue liquide sombre et salĂ©e. Cela rĂ©jouit Craintif que le voyage se prolonge. Il a raison, elle peut ainsi profiter du Soleil. Elle a du mal Ă  se remĂ©morer les diserts de Pointu (le professeur de magie de Nert). Elle sourit, le nom venait de sa curieuse coiffure dont il ne se sĂ©parait jamais. Son esprit vagabonda, mĂ©langeant les souvenirs, puis elle se souvint que les Brillants Ă©coutaient. Elle rougit. Heureusement, elle s’Ă©tait Ă©loignĂ© suffisamment. Les rĂȘves qui agitaient leurs nuits devaient dĂ©jĂ  bien les troubler.
RĂȘver. C’Ă©tait une chose aussi agrĂ©able que terrifiante. Laisser libre court Ă  la puissance dĂ©chainĂ© de son esprit, alors que son corps matĂ©riel Ă©tait sans dĂ©fense. Cette rĂ©alitĂ© Ă©tait peuplĂ©e d’inconscients! Pourtant les dĂ©gĂąts occasionnĂ©s ne semblaient pas dĂ©passer la sphĂšre onirique: aucune modification notable du rĂ©el…Ă©trange. Les rĂȘves semblent communs aux Brillants, sans doute le lien tĂ©lĂ©pathique qui les reliait ensemble.
Une « coque de noix » encore plus mal construite, selon elle, que celle qui les transportait les aborda. Elle perçu des volontĂ©s d’Ă©changes entre les deux essaims mais elle fut déçue: aucune philosophie, aucune poĂ©sie…non, rien que des grains et des algues: aucun intĂ©rĂȘt.
Deux cycles. Les ternes n’avancent pas. Ils se plaignent de l’absence de vent. Les incapables! Avec autant d’esprits rĂ©unis ils auraient pu faire un maelström gigantesque…ah oui pas dans le rĂ©el…dur. Un Terne s’agite, suivit par tous les autres. Des esprits Chasseurs nous ont pris pour cible: sorte de serpents volumineux (ah quand apprendront-ils que la taille ne compte pas). Ça s’agite, ça court, ça meurt. VoilĂ  c’est rĂ©glĂ©. Elle est Ă©puisĂ©e…son Ă©nergie mentale se dĂ©pense trop vite ici. Il lui faut ĂȘtre parcimonieuse. Heureusement, le peu dont elle se souvient des schĂ©mas de Pointu lui sert Ă  manipuler le rĂ©el sans puiser dans son esprit. Mais les autres la regarde bizarrement (enfin plus bizarrement que d’usuel). Le dominant des Ternes semble catastrophĂ© d’avoir tuĂ© les chasseurs. Elle s’Ă©tonne, seul leurs corps sont tombĂ©s: rien d’irrĂ©mĂ©diable ou de dĂ©finitif.
Des Chasseurs serpents reviennent, des volants cette fois. Mais ils repartent vite d’oĂč ils sont venu. Elle soupçonne des Ă©claireurs de Puissant (le geĂŽlier). La tempĂȘte qui se dĂ©chaine aprĂšs renforce ses soupçons: un schĂ©ma cible les brillants. La « coque de noix » se renverse. Les brillants surnagent, sauf Porteur-de-sang. Elle tente de l’aider. La sensation de l’Ă©lĂ©ment liquide lui rappel l’Éther: plus de sons, plus de gravitĂ©, plus rien…
Elle se rĂ©veille. Elle est enfermĂ©e dans une cage. RĂ©pĂ©tition. C’est peut ĂȘtre une coutume. Elle pense que non. Évasion, comme la premiĂšre fois. Les gardes sont plus nombreux, certains sont forts. Pourtant c’est un faible qui terrasse Aiguille et Mante. Mais nous gagnons. Les ternes sont heureux. Elle aime les rendre heureux, ils lui renvoient des pensĂ©es agrĂ©ables: une richesse autrement plus valorisante que le tas de mĂ©tal qu’a dĂ©nichĂ© Craintif. Les Brillants ne s’attardent pas dans le « temple » (ça aurait pu ĂȘtre intĂ©ressant pourtant un « dieuserpentdelamort »), prennent les objets Ă  schĂ©ma et les peaux de mĂ©tal, puis fuient avec les ternes sur une autre « coque de noix ».