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« LA WYVERNE DE BUGH »

Continuant leur route vers le manoir de Silcheston, apr√®s cette br√®ve halte par Riverbord, les personnages d√©couvrent un fief pauvre et aride. Perdu dans les collines, le fief est isol√©, les villages presque d√©peupl√©s et aucun des ouvrages qui aurait put enrichir son seigneur n’a √©t√© construit (moulin, pressoir, lavoir, pont‚Ķ) et ceux existant semblent laisser √† l’abandon. Tout laisse √† croire que le seigneur de Silcheston est soit pauvre comme job soit d’une avarice peu commune‚Ķ Voyant le regard des personnages sur les terres de son p√®re, le Chevalier Heaum√© s’il ne l’a pas d√©j√† fait leur racontera son histoire et leur contera que son p√®re √† dilapider toute sa fortune et s’est endett√© pour chercher en vain une solution √† son mal‚Ķ Il avouera que son p√®re sa consacr√© ses derniers biens √† lui fournir un √©quipement digne de lui mais qu’il a cess√© de lui rapporter ses prises de guerre ou de tournoi car il les dilapidait dans la bourse du premier escroc venu.

Arriv√© au manoir familial, les personnages par respect pour Sir Manfred ne feront sans doute pas de commentaires mais ce dernier est dans un piteux √©tat. Point de soldat ni de domestiques pour les accueillir mais un vieux paysan √† moiti√© sourd. Les portes sont dans un tel √©tat qu’il semble impossible de les fermer et la cour est encombr√©e de toute sorte de d√©bris. Ecuries et chenils sont √† l’abandon. Le donjon dont la plupart des fen√™tres sont mur√©es semble pr√®s de s’√©crouler et un chien fam√©lique et aveugle aboie sur les personnages depuis une cuisine d√©serte reconvertie en abri pour les animaux.

Du donjon jaillira une voix puissante et grave qui invitera Sir Manfred et ses compagnons √† entrer. Dans un Hall d√©pourvu de mobilier, d√©pouill√© de toutes ses ornementations et o√Ļ se voient encore les traces des tapis et tapisseries de jadis, sur un unique fauteuil en bois, se trouve le p√®re de Sir Manfred, Sir Brechan. C’est un vieillard dont l’apparence fam√©lique et la pauvret√© de ses v√™tements ne peuvent masquer la haute stature et l’imp√©tueuse puissance de son regard. Lorsque les Personnages entrent, ils se d√©tournent pour les accueillir d’un portrait, seul pi√®ce d’ornementation de la pi√®ce qu’il regardait fixement. Il s’agit du portrait d’une femme √† la beaut√© √©blouissante, les cheveux noirs comme la nuit et les yeux d’un brun si clair qu’il en semble dor√©.

Sir Brechan s’excusera en quelques mots de recevoir les Personnages si pauvrement puis avant m√™me que son fils ne puisse lui parler de la bonne nouvelle qui l’am√®ne en ces lieux l’interpelle:

« Elle m’est apparue il y’a quelques jours! ¬†J’ai cru perdre la t√™te mais je puis te jurer sur les dieux qu’elle √©tait l√†, devant moi comme tu le fais en ce moment! »

Sir Manfred tente alors de calmer son p√®re qui a l’air passablement fi√®vreux: « Mais de qui parles tu enfin? Calme-toi‚Ķ »

« Mais de ta m√®re, bien s√Ľr », r√©pond Sir Brechan en d√©signant le portrait. Puis s’approchant de la toile pour la caresser du plat de la main: « Cela faisait si longtemps que je ne l’avais vu, ce portrait que j’ai fait ne rend pas hommage √† sa beaut√©‚Ķ »

L’esprit perdu, Sir Brechan ignore alors pendant un long moment les interrogations et questions de son fils. Et ce n’est que lorsque ce dernier se tourne vers les Personnages, leur faisant part de son d√©sarroi, qu’il se retourne enfin.

« Elle m’a dit comment te lib√©rer‚Ķ Elle m’a dit qu’apr√®s toutes ces ann√©es il √©tait enfin arriv√© quelque chose qui lui permettait de redevenir elle-m√™me un instant, un instant suffisamment long pour me dire comment te sauver! Il faut pour cela la ramener √† la grotte afin d’accomplir ce que j’ai emp√™ch√© jadis. »

Dans la discussion qui ne manquera pas de suivre, les Personnages finiront d’apprendre ce qu’il pouvait ignorer sur la situation dramatique de Sir Brechan et de sa bien aim√©e Sioban devenue la Wyverne de Bugh. En¬† comparant les dates, il semblera que l’apparition de Dame Sioban corresponde √† l’instant o√Ļ Dame Eleri a embrass√© Sir Manfred ce qui a finalement eu un effet sur la mal√©diction, m√™me si ce n’√©tait pas celui escompt√©. D’apr√®s les recherches de Sir Brechan, la seule fa√ßon de tra√ģner la Wyverne fort r√©calcitrante jusqu’√† la grotte est d’utiliser une laisse faite avec les cheveux d’une femme qui ne se les aient jamais coup√©s et vu la taille de la Wyverne, ceux d’une enfant ne suffiraient pas. Sir Brechan et Sir Manfred plongent alors dans l’affliction, incapable de concevoir une femme ayant des cheveux assez longs pour l’usage qu’ils veulent en faire.

Les Personnages devraient alors se rappeler et au besoin un jet en « Connaissance des Fa√ęs » √† +5 qu’ils connaissent une Fa√ę dont les cheveux sont si longs qu’ils en enserrent un ch√™ne et qui jamais ne connurent le fer des ciseaux (aventure du « ch√™ne √©plor√© » automne 545). Les personnages d√©cident de se mettre aussit√īt en route, tandis que Sir Manfred s’occupe de rep√©rer les lieux et de trouver un endroit o√Ļ capturer la Wyverne.

Sur la route entre le duch√© d’Anglia et Camelot

A Colchester r√®gne une intense activit√©, la plupart des chevaliers mercenaires survivants de l’exp√©dition malheureuse du Duc de Lindsey contre les saxons sont rassembl√©s dans la ville. Ils colportent des histoires abominables de sacrifices humains et de saxons sanguinaires. Ceux qui venaient du continent embarquent pour la plupart au port de Colchester pour rejoindre la France o√Ļ le roi Claudias embauche √† tour de bras. Les autres se dirigent seul ou par petites compagnies vers Silchester o√Ļ la guerre va bient√īt √©clater entre les barons si la rumeur est vraie.

Dans le duch√© de Silchester, les Personnages croisent nombre de puissants personnages du duch√© de Silchester. Apparemment, les barons ont √©t√© convi√©s √† la cour par Arthur et chacun d’eux afin d’appuyer ses pr√©tentions au titre de Duc √† rameut√© ses alli√©s, vassaux et parents.

La Fa√ę du ch√™ne √©plor√©

Il s’agit d’un ch√™ne particuli√®rement imposant et ancien situ√© dans la for√™t de Camelot et qui √† chaque automne se lamente d’une voix √† la beaut√© exceptionnelle √† chaque chute de feuille, sa voix se faisant de moins en moins forte au fur et √† mesure que tombe les feuilles pour ne plus √™tre qu’un murmure pour la derni√®re d’entre elle avant de s’√©teindre jusqu’√† l’automne suivant.

En fait, le ch√™ne est la demeure d’une Fa√ę qui est particuli√®rement fi√®re de sa sublime chevelure qui jamais n’a connu les ciseaux. Longs de plusieurs m√®tres, ses cheveux s’enroulent autours de l’arbre telle un lierre d’or pure et la Fa√ę dont le ch√™ne est la demeure pleure et se lamente de sa voix f√©√©rique lorsque ses feuilles tombent, comprenant la tristesse qu’elle aurait √† voir tomber ses cheveux‚Ķ

Mais c’est au printemps que les personnages viennent cette fois-ci lui rendre visite et l’arbre resplendit de vigueur et ses bourgeons sont autant de promesses de vie. Pour apercevoir la Fa√ę, les Personnages devront venir avec humilit√© et lui apporter en pr√©sent une offrande. Les Personnages ayant en leur possession une des feuilles du ch√™ne √©plor√© p√©n√®trent imm√©diatement dans son royaume enchant√© (qui se limite √† l’arbre et ses environs proches) et per√ßoivent sa pr√©sence.

Une fois que lui est pos√© le probl√®me, la Fa√ę se montrera bien plus conciliante que les Personnages pouvaient l’imaginer. Cependant si elle est d’accord pour se s√©parer d’une partie de sa chevelure (qui en ce printemps repoussera magiquement en quelques semaines) et de la tresser en une laisse aussi solide que l’acier et brillante que l’or, c’est √† la condition qu’avant la fin de l’√©t√©, les personnages se rendent en visite au ch√Ęteau de Wylve en Essex (« Avant la fin de l’√©t√© au ch√Ęteau de Wylve, l’hospitalit√© vous demanderez! »). Si les Personnages essayent d’en savoir plus, elle leur r√©pondra seulement avec un sourire myst√©rieux, qu’elle d√©sire simplement qu’ils profitent de l’hospitalit√© de la ch√Ętelaine et la remercient comme il se doit‚Ķ

Jet en « H√©raldique » r√©ussis: Wylve est un ch√Ęteau en pierre de taille moyenne. Le seigneur des lieux est mort il y’a des ann√©es et sa veuve r√®gne sur le pays. Elle serait une grande protectrice des arts et r√©compenserait richement les artistes se rendant √† sa cour.

Jet r√©ussis en « Religion chr√©tienne » ou en « Connaissance des Gens »: Les sŇďurs du monast√®re de Sainte Lucie ont barr√© la route menant √† ses terres et interdisent √† quiconque de s’y rendre affirmant que son fief est maudit.

Gloire pour avoir ramen√© les cheveux de la Fa√ę: 15 points.

La Wyverne de Bugh

TAI 30 Vitesse 3 (8 en volant)

DEX 12 D√©g√Ęts 10D6

FOR 30 PdV 60

CON 30 Armure 5

APP 7

Attaques : Pattes 17 (deux coups), Jet de poison 10 (si touch√© 3D6 de d√©g√Ęts sans armure, puis 1D6 par tour tant que la victime du poison n’a pas √©t√© soign√© ou lav√© √† grande eaux), Esquive 12.

Modificateur en valeureux : -10

Une fin heureuse

Equip√©s de la laisse enchant√©e et accompagn√© de Sir Manfred, les Personnages se rendent sur les terres de Bugh o√Ļ s√©vit la terrible Wyverne. Les terres sont d√©vast√©es par les terribles poisons qui suintent du corps de la b√™te √©cailleuse, des ruines pars√®ment le paysage, vestige de l’existence jadis de villages ou de trace de vie humaine sur ces terres aujourd’hui abandonn√©es. Le manoir en lui-m√™me n’est plus que gravats et monceau de terre. La palissade de bois est √† terre et finit de se d√©composer dans les hautes herbes. Les b√Ętiments sont d√©nud√©s et la pierre m√™me semble avoir fondu sous l’effet de l’acide corrosif du souffle de la B√™te. Le donjon enfin n’est plus qu’une coquille vide priv√© de toit qui sert de refuge √† la Wyverne.

Cette derni√®re lorsque les Personnages approcheront de son refuge jaillira du donjon tel un √©clair vert et d’un battement d’aile se jettera sur eux. Le Personnage √©quip√©e de la laisse devra r√©ussir √† esquiver ou encaisser ses attaques et √† r√©ussir une attaque « Laisse » dont la comp√©tence est √©gale √† la DEX du personnage, en opposition √† l’Esquive de la B√™te. D√©s que la laisse enchant√©e est pass√©e autours de son cou, la Wyverne devient aussit√īt aussi paisible qu’un agneau et suit le propri√©taire de la laisse sans rechigner, d’un pas lent et lourd.

La mener jusqu’√† la grotte d’Holstead prendra quelques heures √† travers les collines d√©sertes et sauvages. Arriv√© devant la grotte o√Ļ les attends Sir Brechan, la Wyverne se dirige spontan√©ment vers lui sans que l’usage de la laisse soit n√©cessaire. La grotte se met alors √† luire d’une lumi√®re surnaturelle et dans le halo lumineux, la forme monstrueuse de la Wyverne laisse la place √† une Fa√ęrie de grande beaut√©, aux longs cheveux noirs et aux yeux d’or. Sir Brechan, tombe √† genoux devant elle, des larmes creusent son visage burin√© et ses l√®vres prononcent des mots d’amour et de pardon. Le visage de Sioban se tourne vers la grotte de lumi√®re o√Ļ une musique fa√ęrique se fait entendre. D’un geste de la main, elle invite Sir Manfred √† s’approcher. Il tombe lui aussi √† genoux devant sa m√®re qui d’un geste tendre d√©boucle les liens de son heaume r√©v√©lant dans la lueur fa√ęrique le visage d’un bel homme d’une trentaine d’ann√©es au traits purs et ferme, aux yeux noirs et aux cheveux longs et ondul√©s d’un brun profond. Aucun des Personnages ne pourra entendre les paroles √©chang√©es entre la fa√ę et sa famille mais Sir Brechan se rel√®ve et marche √† ses cot√©s vers la lumi√®re, semblant rajeunir √† chaque pas. Sir Manfred, le visage ruisselant de larmes de joie les regardent partir. Un instant le couple se retourne pour saluer une derni√®re fois leur enfant, puis regardent longuement les Personnages, semblant les remercier d’un sourire avant de s’√©vanouir en m√™me temps que la lumi√®re. Lorsque celle-ci dispara√ģt compl√®tement, les Personnages sont seuls avec le nouveau ma√ģtre de Silcheston d√©barrass√© de toute mal√©diction. Les Personnages peuvent tous faire une croix en « Connaissance des fa√ęs »

Le printemps peut maintenant se finir en beauté sur les noces heureuses de Sir Manfred et de Dame Eleri en présence des Personnages.

Gloire pour avoir libéré le Chevalier Heaumé de sa malédiction: 50 points.