Le coin du baladin

Modérateur: Lord Musashi

Le coin du baladin

Messagepar kyryahn » 14 Avr 2017, 13:46

La mort visqueuse de Blandin le Preux
épitaphe sous forme de ballade en quatre strophes, par Aldren de Scornubel

De fierté, de bravoure Blandin était forgé
Sa masse avait occis maints démons et dragons
Sa brillante armure jamais ne fut ébréchée
Au petit matin au fin fond d’un donjon
Le preux, invincible murmurait-on
Trouva néanmoins, atroce, sa mort
O toi Aventurier écoute ma chanson
L’impatience est mère de mauvais sort

Fringuant dès les premières heures de la journée
Blandin toujours se pressait pour revêtir son blason
Lorsque de son heaume sans même s’attentionner
Le preux se couronna, il poussa un juron
Car dans son casque s’était endormi un limon
Qui du preux se révéla le croque-mort
O toi chevalier entends cette leçon
L’impatience est mère de mauvais sort

Adhésive et corrosive, la gelée fixait le bassinet
Incapable de le retirer, même avec ses dons
L’incomparable guerrier ne pouvait qu’hurler
« A l’aide à l’aide, mon crâne, il fond »
Son cerveau coulant sur ses yeux ronds
Blandin supplia pour une fin plus indolore
O toi aventurier fais bien attention
L’impatience est mère de mauvais sort

Une flaque de chair fondue sur le sol d’un donjon
Voilà tout ce qui reste de notre parangon
De ses effets au réveil, au dedans et au dehors,
Il faut prendre le temps d’étudier la façon
Car l’impatience est mère de mauvais sort
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kyryahn
 
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Re: Le coin du baladin

Messagepar kyryahn » 14 Avr 2017, 13:52

Le destin épique, et tragique, d’Antin de Vaillac

Par Aldren de Scornubel, eulogiste et biographe

Partie I – La rencontre

Ma vie n’avait que peu de sens. Moi, simple conteur, chroniqueur désœuvré. Ma muse, perchée sur mon épaule, immobile et hélas silencieuse. Tous deux nous errions, guidés par une lueur d’espoir d’enfin trouver l’inspiration. Et l’inspiration prit corps. Alors que nous fuyions une horde de cultistes draconiques et leurs laquais kobolds, accompagnés d’un courageux combattant tout juste rencontré, nous le vîmes. Sur la place du village, le soleil couchant reflétant ses éclats sur une armure baignée de sang, l’épée au clair, hurlant des ordres à ses sbires. Nous le vîmes, et la lumière fut. Ce brave guerrier se jeta sans réfléchir au milieu d’une marée d’ennemis, afin de protéger des villageois qu’il ne connaissait sans doute même pas. Quel courage. Quelle folie. Comment douter que ce preux chevalier n’était pas destiné à de légendaires exploits. Comment douter que sa fin ne serait pas le pinacle de son existence, aussi glorieuse qu’horrible. Probablement dans la gueule d’un monstre immense qui allait le digérer lentement. Ou entre les mains d’un archidiable pervers qui allait le torturer des éons durant. C’était Lui. La source d’inspiration promise par la Reine. Je l’immortaliserai par mes écrits, il m’apportera le talent et la célébrité.

Par une alliance de fortune, nous avons aidé la population de ce malheureux bourg à se réfugier au castel local. J’ai alors pu constater de mes propres yeux la cruauté de ces scélérats, qui n’hésitent pas à massacrer quiconque, femme et enfants compris, se trouve entre eux et leurs promesses de butin. D’ailleurs cette horde agit bizarrement, comme une fourmilière dont l’unique raison de vivre est d’accumuler, et de transporter on ne sait où, tout ce qui a de la valeur.

Après la bataille, en rencontrant les serviteurs du sire de Vaillac, je me rendis compte qu’ils étaient faits de la même étoffe. Une gnome, ou une halfeline je ne saurais dire, tournoyant au milieu des adversaires en distribuant coups de masse et coups de pied. Une elfe à la peau sombre, maniant épée et bâton. Un homme à l’hygiène douteuse, prenant visiblement plaisir à se transformer en divers animaux afin de céder à ses appétits cannibales. Mon compagnon d’infortune, un noble guerrier, ou plutôt un guerrier noble, qui n’hésite pas non plus à se jeter tête baissée dans le danger. En fait, tous de parfaits candidats pour mes écrits. Leur chef me semble cependant le plus prometteur.

Le seigneur du coin m’a semblé pleutre et mal élevé, même si évidemment je ne pense avoir de leçons à donner à personne concernant la mauvaise éducation… Il a accueilli Sire de Vaillac comme un vulgaire manant, sans les égards dû à un tel héros. Refusant toute autre intervention d’Antin et de sa suite, il nous a simplement demandé de sauver un groupe de villageois refugié en territoire ennemi. Au moins ce seigneur semble accorder un minimum de considération pour ses gens. Ce que nous avons réussi brillamment. Par la suite nous avons tenté de capturer un de ces cultistes, qui a refusé de parler. Assumant ses responsabilités, et sans doute aussi sa cruauté, le Sire de Vaillac a exécuté le mécréant. Ce ne sont pas là manières de faire que j’approuve, mais qui suis-je pour juger ? Je ne suis qu’un témoin qui rend grâce à sa chance, et à sa Reine, de pouvoir relater de telles aventures. En fait c’est peut-être une bonne chose : le destin des sans pitié est souvent sanglant. « Il est mort avec la même cruauté que celle sous laquelle il a placé sa vie »… cela ferait une fin de chronique parfaite !

Je passe rapidement notre épopée suivante, durant laquelle ma maladresse à bien faillit causer notre perte à tous. « J’appartiens à l’ordre bleu »… alors que je portais un masque vert. Me faire démasquer de la sorte ! Cela m’a rappelé mon passé criminel, et le nombre de fois où j’ai entourloupé avec succès la milice. Tu perds ton instinct de bonimenteur, Aldren. Petite source de satisfaction toutefois : un mercenaire nous a quand même appris, avant de mourir en trébuchant sur l’épée de Sire de Vaillac, qu’une « Lady Dragon » semblait être leur chef et qu’il avait entendu parler d’œufs de dragon.

A suivre…
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